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Publije, revue de critique litteraire
(littérature pour la jeunesse et littérature générale)

Didactiques du français / Dir. D.Coltier & C.Féron

Daniel ARANDA

Personnages d’enfants dans la littérature française pour la jeunesse entre 1914 et 1918

Article

Résumé

Examiner les personnages d’enfants dans la littérature pour la jeunesse française, entre 1914 et 1918, revient à observer comment un message propagandiste informe leur configuration et la délimitation de leur champ d’action. Faisant fi de la législation en vigueur, les auteurs imaginent d’innombrables enfants soldats qui sacrifient leur famille à leur patrie. Ils donnent pour vraies des anecdotes de type journalistique qui sont inventées de toutes pièces pour les besoins de la cause. Le plus souvent de milieu modeste et rural, régulièrement orphelins, les petits protagonistes démentent leur faiblesse originelle et jouent avec conviction leur rôle de victimes ou de héros. Enfin de telles histoires proposent ici ou là le spectacle de la violence, sujet tabou dans cette catégorie de productions : violence subie mais aussi perpétrée, non sans délectation parfois.

Abstract

Examining children characters in French children’s literature, between 1914 and 1918, boils down to analyzing how pregnant with propaganda messages their configuration actually turns out to be, and so do the boundaries of their scope of action. Ignoring the law severely enforced at the time, these authors imagined countless child-soldiers who sacrificed their families for the sake of their homeland. The journalistic-looking stories they present as true were actually totally fabricated for the purpose at hand. These little protagonists, most often of modest and rural backgrounds, orphans most of the times, put paid to their initial weakness and forcefully acted out their part as victims or heroes. Finally, these stories at times stage violent scenes, a taboo in this type of productions: in them, they often are portrayed as the victims, but these are not averse to perpetrate violence as well, and not without a touch of relish either.

Texte intégral

Introduction

1La littérature pour la jeunesse en France connait entre 1914 et 1918 une mutation considérable du point de vue des sujets abordés. Le conflit en cours devient le thème prépondérant des histoires publiées pour les enfants et les adolescents. Rares sont les textes qui échappent à cette dictature de l’actualité : essentiellement les publications pour petits enfants et les rééditions, encore que le texte de celles-ci soit parfois mis à jour pour évoquer les événements en cours1.

2Romans et récits brefs destinés à la jeunesse proposent donc à tout va des histoires où sont évoqués les principaux aspects du conflit, depuis les opérations militaires jusqu’à la vie des civils à l’arrière. Ces récits engendrent des personnages adaptés à ces situations, et en particulier des figures d’enfants et d’adolescents confrontés aux contraintes et aux possibilités d’une guerre qui se déroule sur une portion du territoire national.

3De tels personnages dans de telles situations ne sont pas entièrement nouveaux. Après la défaite de 1870 s’est développée en France une littérature pour la jeunesse « revancharde », qui met en scène de jeunes héros aux prises avec l’envahisseur prussien. Cependant le corpus qui retient notre attention n’est pas centré sur le passé mais sur le présent. Au culte du ressentiment se substituent des techniques de conditionnement et de persuasion qui visent à mobiliser les énergies et appartiennent à la propagande. Les petits Français ont largement subi l’influence, tant dans les productions narratives de divertissement que nous souhaitons examiner que dans les manuels scolaires, de ce que Stéphane Audoin-Rouzeau appelle « la propagande de guerre pour enfants » (1993, p. 12) et qui relève autant d’une « auto-mobilisation » que de l’application de directives étatiques.

4Notre propos est d’étudier les personnages juvéniles intervenant dans cette littérature narrative pour la jeunesse qui, entre 1914 et 1918, évoque le conflit en cours. Il vise tout particulièrement à appréhender sur eux les traces d’une « culture de guerre », pour reprendre une autre expression de Stéphane Audoin-Rouzeau (1993, passim), et ce dans leur configuration comme dans leur champ d’action. Pour cela nous délimiterons d’abord la part des enfants dans le personnel mis en place dans ces récits. Nous évaluerons ensuite les régimes d’énonciation de ces personnages juvéniles du point de vue de leur rapport à la vérité. Après quoi nous décrirons les types de créatures qui sont proposés aux jeunes lecteurs. Nous considérerons enfin la représentation de la violence dans ces textes destinés à la jeunesse.

1. Répartition du personnel entre enfants et adultes

5Si les personnages d'enfants sont régulièrement présents dans les récits pour la jeunesse qui évoquent la guerre, cette présence n’est pas systématique. Ce premier constat ne va pas de soi, car la littérature pour enfants et adolescents sous la IIIe République ne se croit pas tenue, comme elle l’est aujourd’hui, de proposer à ses lecteurs des héros de leur âge. Pour prendre l’exemple d’un auteur fameux, ce n'est que dans les dernières années de sa carrière que Jules Verne « centre de plus en plus ses romans autour d'un héros adolescent, trait qui, à l'époque, commence à caractériser la littérature pour la jeunesse » (Soriano, 1978, p. 309). Par exemple un roman comme Le Tour du monde en 80 jours (1873) ne contient aucun personnage juvénile, qu’il soit héros ou simple utilité.

6S’il faut absolument risquer une proportion approximative, on peut avancer qu’un tiers des récits pour la jeunesse publiés entre 1914 et 1918 en France, et qui évoquent la guerre en cours, ont pour héros des adultes et non des enfants ou des adolescents. Ce sont essentiellement des militaires, mais parfois aussi des civils adultes dont on rapporte les actes de bravoure patriotique. Notre corpus s’inscrit donc dans une période où coexistent deux grandes conceptions de la littérature juvénile : celle qui veut que le jeune lecteur ait pour modèle un adulte, ce qui suppose que la période de l’enfance a peu d’intérêt et n’existe qu’en fonction de l’âge qui suit et vers lequel il faut tendre ; celle qui veut que le lecteur ait pour modèle un enfant, ce qui traduit une attention particulière pour un âge de la vie qui peut à la limite constituer une fin en soi. Un recueil de récits brefs comme La Grande Mêlée des peuples (Hollebecque, 1915) contient les deux formules et joue donc auprès du jeune lecteur sur les deux tableaux à la fois.

7D’autre part, la présence de héros adultes tient au fait que ces histoires se déroulent pendant une guerre dont les agents sont des adultes. La contrainte ici n’est plus de projet éducatif mais de vraisemblance diégétique. Vouloir que des enfants soient les héros de tels récits n’offre guère que deux possibilités. Dans la première, les auteurs rapportent l’histoire édifiante de jeunes civils qui subissent les aléas de la guerre : exode, bombardements, pénurie, orphelinage… La compassion est ici régulièrement sollicitée du jeune lecteur. Un roman comme Braves Cœurs (Girardet, 1916) exploite cette formule à travers les difficultés que connaissent Raymond et Delphine, frère et sœur. Cependant de jeunes civils peuvent faire autre chose que subir, en participant selon leurs forces à la lutte contre l’ennemi. De nombreux récits brefs rapportent les actes courageux par lesquels des enfants des deux sexes enferment des soldats allemands dans une cave (Guyon, 1915, p.16-24), refusent de livrer des informations à des détachements germaniques (An., 1915, p. 27-28), servent d’éclaireurs à des troupes françaises (Guyon, 1914, p. 31-36) ou vont les avertir de la présence de forces hostiles (Hollebecque, 1915, p. 96-101). De tels récits doivent susciter l’admiration des jeunes lecteurs.

8La deuxième possibilité consiste à forcer la réalité en rapportant les aventures d’enfants soldats : des personnages de jeunes adolescents ou même d’enfants sont intégrés dans les unités combattantes et participent autant sinon mieux que les adultes aux opérations militaires. La productivité de cette formule est considérable. Quelques titres d’anecdotes d’un unique recueil en donneront une idée : « Le tringlot de douze ans » ; « Un caporal de huit ans » ; « Le plus jeune hussard de France » ; « Dix champs de bataille à treize ans » ; «  La croix de guerre à seize ans » ; « Médaille militaire à douze ans » (Coubé, 1917). De tels récits jouent volontiers sur l’exotisme d’un milieu qui n’est pas fait pour l’enfant, mais auquel celui-ci va s’adapter avec une merveilleuse facilité. Ils manifestent aussi la puissance du message propagandiste qui veut que l’enfant patriote puisse combattre les armes à la main aux côtés de ses ainés, message qui de fait contourne la législation en vigueur : en 1914, il faut avoir vingt ans en France pour être sous les drapeaux, ou au moins dix-sept si l’on s’engage.

9La répartition des enfants et des adultes à l’intérieur d’une même histoire est sans surprise. Il ne saurait y avoir en effet des enfants dans une histoire sans qu’il y ait aussi des adultes, alors que l’inverse n’est pas vrai. Même un roman comme Les Robinsons de Sambre-et-Meuse (Chollet, 1915), dont l’épisode central raconte la vie autarcique d’un groupe de quatre enfants livrés à eux-mêmes dans la forêt des Ardennes, propose des personnages d’adultes dans des rôles convenus : les soldats germaniques servent d’opposants et deux soldats français échappés d’un camp de prisonniers allemand font office d’auxiliaires. Les auteurs de littérature pour la jeunesse considèrent pour lors que la représentation des interactions entre enfants et adultes est autrement plus instructive que celle des seules interactions entre enfants.

10La répartition fonctionnelle des rôles présente cependant une constante intéressante en ce qu’elle enfonce un coin entre deux valeurs intangibles de la IIIe République : la famille et la patrie. De nombreuses fictions et surtout anecdotes de guerre rapportent l’histoire d’enfants que l’amour de la patrie en danger va jeter sur les routes pour suivre des régiments ou rejoindre les zones de combat. Ces enfants fugueurs quittent leur famille (le plus souvent leur mère, car le père est au front) contre son gré, ou sans la prévenir, parfois même sans l’avertir une fois l’escapade réussie. Ils sont l’expression d’un message propagandiste qui a choisi de sacrifier la famille à la patrie, celle-ci étant « une grande famille qu’il faut aimer plus que l’autre encore » (La Hire, 1916, p. 8). De tels actes ou propos d’insubordination contre l’autorité familiale bénéficient de l’indulgence parfois explicite des auteurs : « Que répondre à une parole aussi héroïque ? », demande le narrateur à propos d’un enfant qui explique à sa mère pourquoi il veut monter au front (Guyon, 1914, p. 44). Elles font du personnel familial adulte un obstacle fonctionnel à l’objectif du jeune héros – se couvrir de gloire en participant au sauvetage de la France – alors que les soldats ennemis (adultes eux aussi) servent d’adjuvants à ce même but.

11Notons enfin deux configurations intéressantes dans notre corpus mais qui ont un caractère exceptionnel. Dans Le Boy-scout de la revanche (Jacquin & Fabre, 1917) le héros a pour adversaire principal un adolescent de son âge. Les auteurs du roman jouent ici non sur la disproportion des moyens et des forces entre un héros juvénile et des adversaires adultes, mais sur la compétition entre adolescents – un Français et un Allemand – qui figure la lutte entre les deux nations. Et dans toute une partie du roman Du Lycée aux tranchées (Chancel, 1917 [2012]), le jeune héros Guy d’Arlon devient le chef non d’autres personnages juvéniles plus jeunes ou plus faibles que lui, selon une formule stéréotypée, mais de soldats adultes qui reconnaissent en lui l’âme d’un chef. C’est dire l’importance de la promotion qui est accordée ici à l’enfant comme moteur de la lutte contre l’envahisseur.

2. Enfants fictionnels et enfants réels

12Ces récits pour la jeunesse parlent d’une vraie guerre, que leurs auteurs comme leurs lecteurs vivent au jour le jour. Mais les personnages d’enfants qui y figurent peuvent avoir divers statuts quant au rapport à la vérité. Les récits longs se donnent comme des fictions, c’est-à-dire des romans, même s’ils peuvent reprendre ou transposer ostensiblement certaines figures données comme authentiques, à l’instar de « l’enfant au fusil de bois » – fusillé par les Allemands parce qu’il s’amusait dans la rue avec son jouet – dans Journal d’une petite Alsacienne (Cremnitz, 1917, p. 100-104). En revanche, les textes courts, regroupés en recueils, se présentent le plus souvent comme la relation de faits divers authentiques.

13Or ce statut est le plus souvent usurpé. À quelques exceptions près, comme pour la petite Denise Cartier blessée dans un bombardement aérien sur Paris et amputée (Mauges, 1916, p. 204), les personnages d’enfants qui sont proposés ont été inventés de toutes pièces. C’est particulièrement vrai des enfants soldats qui colonisent les récits de cette période, et dont nous avons vu dans la section précédente qu'ils n'ont existé qu'à titre exceptionnel, toujours illégal et le plus souvent temporaire.

14Beaucoup de ces personnages juvéniles ne relèvent donc ni de la réalité ni de la fiction, mais de la supercherie, puisque ceux qui les donnent pour vrais savent qu’ils sont faux. Par là nous appréhendons de nouveau la dimension propagandiste de la littérature pour la jeunesse de cette époque. Cependant nos auteurs ont pu être aussi bien les victimes que les acteurs de ces affabulations. En effet, leurs productions constituent le plus souvent le dernier maillon d’une chaine de transmission d’histoires édifiantes à l’usage de l’ensemble de la population. Le schéma est toujours le même : non seulement ces auteurs se pillent effrontément les uns les autres, mais ils reprennent régulièrement – telles quelles ou en y apportant des variations – des informations journalistiques, en particulier la « série de faits divers parus dans les journaux sous forme de "brèves", diffusées par les techniciens de la désinformation et du "bourrage de crânes" » (Bihl, 2001, p. 48). Or ces brèves sont souvent la reprise plus ou moins fidèle des communiqués officiels émanant du ministère de la Guerre, qui détient le monopole de l’information sur le conflit, et qui ne se prive pas d’inventer des anecdotes susceptibles d’exalter le patriotisme français ou de susciter la haine du « Boche ».

15Le plus significatif est peut-être que les romanciers pour la jeunesse de l’époque tiennent à ce point à faire croire à leurs lecteurs que les personnages qu’ils leur proposent existent ou ont existé. L’idée est que pour des événements aussi graves et dont le dénouement reste à produire, la fiction est moins mobilisatrice que la réalité : « La réalité est le plus puissant des exemples et le plus magnifique, lorsqu’elle est de l’idéal réalisé » (Aicard, 1915, p. VI). L’efficacité exige donc que l’on invente pour les besoins de la cause de « l’idéal réalisé », et ce au moyen de trois techniques rédactionnelles qu’il nous faut mentionner.

16La première consiste à suggérer la véracité des faits rapportés en donnant des sources : « L’Excelsior du 5 octobre 1914 a donné le récit suivant […] » (Coubé, 1917). Celles-ci peuvent être vagues ou invérifiables : « Un rapport officiel français relate le trait suivant […] » (id.) ; « c’est de la bouche même de ceux qui les ont vus, qui ont souffert par nos ennemis, que j’ai recueilli les épisodes de ce récit » (Pascal-Saisset, 1916, p. 3).

17La deuxième technique de « factualisation » prend le contre-pied de la précédente. Elle consiste à ne rien justifier de ce que le récit avance, à affirmer d’autorité. Comme pour un journal, et en l’absence d’indications contraires, le lecteur donne par défaut son assentiment vérifonctionnel aux événements et aux acteurs qui lui sont communiqués.

18La troisième technique, qui intervient en corrélation avec les deux précédentes, consiste à produire des récits courts dont les caractéristiques ne sont plus celles du conte ou de la nouvelle, mais du fait divers journalistique. Le romancier évite de rentrer dans la conscience des personnages pour ne présenter que ce que des témoins ou enquêteurs auraient pu recueillir, distingue la relation des faits de leur commentaire, sature son histoire d’indications sur l’identité des protagonistes et les circonstances de leur action :

19« Le 18 février 1915, à Béziers, un petit réfugié de Maubeuge, Jean Delanoë, âgé de treize ans, recueilli par Mme Tronc, 2, rue d'Envedel, se présente à la caserne du 96e d'infanterie et demande le commandant de la place. » (Coubé, 1917)

20Dans certains cas, cette littérature à ce point inféodée à la forme et à l’esprit journalistiques finit par basculer du côté de ce qui n’est plus de la fiction ou de la réalité, ni même de la supercherie, mais de la légende. Prenons l’exemple de l’enfant qui a le plus marqué les esprits, sinon des enfants lecteurs (ce qu’il est difficile de savoir2), du moins des auteurs pour la jeunesse de cette époque : Emile Desprès. Nous avons recensé onze versions de son histoire dans un dépouillement du corpus toujours en cours. Cet enfant aurait abattu un officier allemand avec l’arme que celui-ci lui tendait pour tuer un soldat français. À la fois héros et martyr (il sera tué après son exploit), Emile Desprès a suscité des histoires qui, tout en conservant l’essentiel des événements, se contredisent les unes les autres. Retenons trois incohérences. Ainsi du patronyme : plusieurs récits, comme celui de Jacquin et Fabre (1918) le nomment Emile Desjardins et non pas Emile Desprès. Ainsi pour le déroulement de l’action : dans plusieurs versions, le jeune Emile est sommé de tuer un Français pour avoir la vie sauve, alors que dans telle autre il n’est pas question de condamnation à mort pour lui (An., 1915, p. 120-122). Ainsi encore pour les circonstances de sa mort : après son geste, soit « les soldats furieux se jettent sur lui et le percent de coups de sabres et de baïonnettes » (Guyon, 1914, p. 12) ; soit « les Allemands ne sont pas encore revenus de leur stupeur que l'héroïque enfant qui s'est sauvé à toutes jambes est hors de leur portée ! » (Coubé, 1917).

21Paradoxalement, ces contradictions grandissent le protagoniste en lui donnant une dimension légendaire. Alors que l’anecdote est immédiatement contemporaine, elles lui donnent la patine des héros si anciens et si mémorables que leurs exploits comme les récits qui en rendent compte se multiplient et finissent par se brouiller. Sa force ne tient plus dans son authenticité mais dans sa capacité à rassembler et exprimer un complexe d’angoisses et de désirs qui hantent l’opinion publique du temps, et qui n’ont que faire de l’exactitude historique : admiration pour le faible qui élimine le fort, indignation devant le cynisme « boche », angoisse de mourir, volonté de résister, sens aigu du sacrifice…

3. Héros et victimes

22L’examen des états et des actions de ces personnages d’enfants réserve peu de surprises. Les conventions de la littérature pour la jeunesse en ce début de xxe siècle, associées aux stéréotypes des messages propagandistes diffusés pendant tout le conflit, font que nos protagonistes, si nombreux pourtant, sont d’un conformisme littéraire à toute épreuve et apparaissent le plus souvent comme interchangeables.

23Comme il se doit, de tels acteurs ne prennent sens que par rapport au système des personnages du récit dans lequel ils figurent, et tout particulièrement par rapport à leur adversaire. A cet égard, la relation est le plus souvent d'opposition binaire, sans nuances ni ambiguïtés : enfant / adulte, Français / Allemand, seul / en nombre, courageux / lâche, etc. L’histoire d’Emile Desprès que nous avons évoquée dans la section précédente illustre ce jeu de correspondances inversées.

24La panoplie de cette population de protagonistes reprend en partie celle de la littérature du xixe siècle. On y reconnait en particulier une prédilection pour un double handicap, familial et social. Beaucoup de ces acteurs sont orphelins de père ou de mère, ou des deux parents simultanément, à l’instar d’Yvon le petit mousse : « je n’ai plus de parents ; mon père était lieutenant de vaisseau, il a été tué en Belgique ; ma mère est morte aussi, tuée par le chagrin » (Guyon, 1917, p. 6). La nouveauté tient au fait que beaucoup de ces orphelinages ont été provoqués par l’ennemi germain, ce qui doit alimenter auprès des jeunes lecteurs la haine de l’Allemagne, justifier la liberté de mouvement des acteurs et expliquer les entreprises audacieuses qu’ils lancent contre l’ennemi.

25La condition sociale de ces petits personnages est le plus souvent active et modeste. Ils sont surtout agriculteurs comme Gustave Chatain (An., 1915, p. 131-136), mais aussi mineurs comme Emile Desprès, bûcherons comme Albert Schuffrenkes (Guyon, 1914, p. 40-43), bergers comme Jean V… (id., 1916, p. 31-34). Le peuple réquisitionné est essentiellement provincial et rural, relève peu du monde ouvrier, et jamais de la faune interlope et urbaine dans la lignée des romans de Sue ou Ponson du Terrail.

26La visée morale de cette double détermination ne laisse aucun doute, et témoigne de l’association constante entre le peuple et l’enfance sous la plume des écrivains pour la jeunesse dans la tradition romantique : le peuple est comme l’enfance de l’humanité, les deux populations sont en souffrance et en devenir, en elles se seraient réfugiées une simplicité et une droiture qui manquent cruellement aux sociétés industrielles et urbaines. Curieusement, les rares enfants ou adolescents issus des classes moyennes ou supérieures dans nos histoires apparaissent dans les romans et non dans les récits brefs, comme si les récits longs visaient un public plus fortuné ou cultivé que les recueils d’anecdotes. Le père de Guy d’Arlon « préside de nombreux conseils d’administration » (Chancel, 1917 [2012], p. 14) ; celui de Georges Hurlu est ingénieur chimiste ; celui de Raymond et Delphine Carlier possède « une immense fabrique aux environs de Reims » (Girardet, 1916, p. 6).

27Pour ces personnages d’enfants, il n’est d’autre possibilité que de devenir des victimes de la barbarie allemande ou des héros de la lutte contre cette même barbarie. Les personnages d’une humanité moyenne, médiocrement atteints par les contraintes de la guerre ou dont le patriotisme reste mesuré, n’accèdent guère au rang de personnages principaux. A lire ces histoires dédiées à la jeunesse, on constate que les positions extrêmes occupées par leurs protagonistes sont présentées comme la norme aussi bien quantitative que morale.

28En ce qui concerne les personnages victimes, leur rôle est de subir dans l’abnégation les atrocités allemandes, et de transformer leur défaite physique en une victoire spirituelle et morale. Denise Cartier, l’enfant au fusil de bois3, Maurice Claude (Mauges, 1916, p. 172-175), Théophile Jagout (Coubé, 1917) : tous, par l’amputation ou la mort, font le sacrifice des valeurs juvéniles qu’ils sont censés représenter – fragilité, innocence, avenir de la nation – non sans avoir dit leur fait à leurs bourreaux ou délivré quelque sentence mémorable.

29A la compassion pour ces victimes doit être associée l’admiration pour les protagonistes héroïques, qui au péril de leur vie infligent une défaite à l’envahisseur. Leur destin est de profiter de la guerre pour transgresser le statut que la loi leur accorde et tirer parti de la désorganisation relative du pays. Il n’est plus besoin d’envoyer ces petits aventuriers dans les contrées les plus lointaines et sauvages pour qu’ils donnent la mesure de leur talent. Le conflit en cours, dans leur pays, dans leur village, est pour eux un merveilleux moyen de libérer des potentialités qui seraient restées lettre morte dans des circonstances normales. Ils mettent donc au service de la France leur tempérament de casse-cous et de redresseurs de torts. Telle est l’ambiguïté des inventeurs de ces créatures : la guerre qui ravage le pays est une ressource providentielle pour leur production, et c’est aussi un moyen détourné pour certains d’entre eux de remettre en question la vie policée des Etats modernes et démocratiques, qui inhiberait les meilleurs d’entre leurs sujets.

30La constitution des personnages de Charles Trottemont (An., 1915, p. 138-140), André Guédé (Bretonneau, 1916, p. 149-150), Emile Desprès, Clotilde Boucry (Guyon, 1914, p. 12-16), Albert Schuffrenkes et de tant d’autres est toujours la même. Elle repose sur une tension entre leur faiblesse apparente (par leur âge notamment, mais aussi par leur statut familial ou social) et leur puissance réelle, que les circonstances vont révéler. Si des figures de protecteurs peuvent apparaitre au début de ces histoires pour aider les petits protagonistes, la suite montre vite qu’adultes et militaires seront les bénéficiaires des prestations de leurs protégés.

31Le succès est donc le dénouement obligé de ces entreprises, aussi modestes soient-elles, et même si le héros finit par trouver la mort. L’optimisme qui commande la littérature pour l’enfance rencontre ici l’optimisme obligé du message propagandiste. A cette loi infrangible nous n’avons trouvé qu’une exception. Un échec juvénile dans une entreprise guerrière, atténué par l’humour et la tendresse, est en effet le sujet du récit pour enfants intitulé Un général de cinq ans, et publié en octobre 1918 par Judith Gautier.

32Le titre du texte attire l’attention car il est une reprise, poussée à la limite et donc susceptible d’une intention parodique, de tous ceux qui célèbrent la glorieuse distorsion entre l’âge et le statut militaire du héros, comme « Le tringlot de douze ans » ou « Un caporal de huit ans » (Coubé, 1917). De fait l’auteur recycle la sempiternelle histoire d’une fugue d’enfants qui veulent rejoindre le front pour repousser l’envahisseur, mais en renversant son dénouement. Petit Joseph est un enfant belge réfugié en Bretagne et le chef d’un groupe de garçonnets exaltés qui projettent de creuser une galerie souterraine depuis Charleroi : « et pis on crèverait le plafond et tous les Boches tomberaient dans le trou et la terre avec, et y aurait plus de Boches en Belgique » (Gautier, 1918, p. 20). Mais le projet est éventé, les enfants qui allaient s’enfuir en train reçoivent une magistrale fessée de leurs mamans avant d’être ramenés chez eux : « c’est bien la défaite, la honteuse retraite » (id., p. 28).

33On ne saurait exprimer avec plus de fermeté, tout en respectant les conventions d’un récit pour la jeunesse, le refus d’une littérature de propagande qui fait auprès d’enfants la promotion de la désobéissance, du mensonge et de l’inconscience4.

4. Violence et enfance

34La sexualité et la violence sont les deux thèmes usuellement évités par la littérature pour la jeunesse. Mais si notre corpus élude la première, il doit composer avec la seconde puisque la guerre en cours est le sujet de ces récits. Pour dénoncer la barbarie allemande auprès des jeunes lecteurs, il faut leur indiquer la violence que les Germains infligent aux Français, de même qu’il faut indiquer celle que les Français leur infligent et qui prélude à la victoire prochaine.

35Cependant, la plupart des textes s’en tiennent à une évocation abstraite de la violence ou à ses manifestations périphériques. Seuls quelques récits vont au-delà et proposent des évocations explicites. Assortir le spectacle de la violence d’une justification morale est le prétexte usuel. « Cette tête sanglante, un trou au milieu de la figure » (Gallien, 1915, p. 30) d’un aviateur tué dans un combat aérien, ne peut être que celle d’un Allemand abattu par un Français. La mort infligée a valeur ici de châtiment exemplaire, de démonstration de force du droit incarné par la cause française dans un duel loyal entre combattants.

36A contrario le spectacle de la violence allemande est donné comme immoral et doit susciter l’indignation. Ainsi pour la légende des « mains coupées », fabriquée de toutes pièces par la propagande française, et qui voulait que les envahisseurs allemands coupent les poignets des enfants français de sexe masculin, pour les empêcher de prendre les armes contre eux quand ils atteindraient l’âge adulte5. Un roman comme Enfants d’hier, Héros d’aujourd’hui (Blanchin, 1917) la reprend à son compte en rapportant non l’acte lui-même mais son résultat, ce qui est une forme d’édulcoration, même si la description reste agressive :

37« Les jeunes gens s’aperçurent d’un horrible détail qui leur avait échappé. La main droite des trois enfants avait été coupée. Un pansement sommaire, tout rouge de sang, entourait les petits moignons » (id., p. 39).

38On peut encore glaner quelques récits d’actes violents. Ainsi Stephen Coubé rapporte que

39« […] le 23 août, les Allemands massacrèrent un paysan et sa femme ; puis, s’emparant de leur nourrisson, l’un deux lui passa la baïonnette à travers le corps et mit son fusil sur son épaule avec l’enfant au-dessus : les petits bras se tendirent une ou deux fois. » (Coubé, 1917)

40Mais « les petits héros la donnent aussi [la mort] sans vergogne », note Laurence Olivier-Messonnier à propos de la série « Les petits livres roses de la guerre » publiée par Larousse (2010, p. 155). Nous abordons ici le point le plus sensible de la représentation de la violence, lorsque l’enfant lui-même l’exerce sur l’occupant. Observons d’abord que seuls les personnages de sexe masculin sont autorisés par leurs auteurs à ce passage à l’acte. Par ailleurs, la même justification est avancée : de telles agressions se donnent comme une revanche du faible sur le fort, du droit sur l’arbitraire. Par exemple, la scène où un enfant abat un officier allemand est volontiers exploitée dans notre corpus. Nous avons noté qu’elle est ressassée à titre d’événement factuel dans l’histoire d’Emile Desprès ; elle l’est aussi à titre d’événement fictionnel, par exemple dans Aventures d’un petit mousse (Guyon, 1917, p. 30), Le Petit Poilu (Renez, 1916, p. 44) ou encore dans le roman Du lycée aux tranchées, quand le jeune héros vient d’assister à l’exécution de son père par les Allemands :

41« D’un mouvement brusque, instinctif, irraisonné, il dégagea son bras droit du soldat qui le maintenait, et, voyant devant lui le revolver d’un officier, il l’arracha de l’étui, visa le capitaine qui avait commandé le feu et tira. » (Chancel, 1917 [2012], p. 31)

42Dans cette scène stéréotypée, la mise à mort est justifiée non seulement par le courage héroïque qu’elle suppose, mais par son caractère de réplique spontanée à une atrocité qui vient d’être perpétrée par les Allemands.

43Il n’en est plus de même pour Petit Pierre, treize ans, qui « était radieux de "démolir" des Boches, et cela lui apparaissait amusant comme un jeu » (Pascal-Saisset, 1916, p. 28). Il n’en est pas de même non plus pour un épisode du roman Le Boy-scout de la revanche. Son héros, Georges Hurlu, âgé de quatorze ans, et ses trois jeunes compagnons, ont découvert que la péniche sur laquelle ils voyagent transporte des armes et des explosifs destinés à l’envahisseur, et que les mariniers qui la conduisent sont des militaires germaniques. Le jeune héros décide de faire exploser la péniche et ses occupants. Ce n’est pas la représentation de cette mise à mort d’êtres humains par un enfant qui est intéressante, mais le fait qu’elle est donnée de sang-froid, dans le cadre d’un plan méthodiquement exécuté :

44« Qu’est-ce que cela !, s’exclament-ils [les compagnons du héros] avec épouvante.

45- Peuh ! répond Georges d’un ton détaché, moins que rien : ce sont les péniches… et leurs habitants qui sautent ! » (Jacquin & Fabre, 1917, p. 137)

46Dans cet exemple, la spontanéité conventionnelle de l’enfant romanesque est écartée pour présenter un jeune héros qui, certes, se bat pour la bonne cause, mais dont le cynisme ostentatoire peut inquiéter, et ce, contre les intentions de ses créateurs. De nouveaux aspects de cette mise en scène de la violence exercée par des enfants apparaissent ici. La première relève des romans d’aventures que sont aussi nos récits, et à cet égard leurs héros ne sont pas exempts d’un certain individualisme romantique. Ainsi Jacquin et Fabre dans le roman que nous venons de mentionner se réclament explicitement des Trois mousquetaires de Dumas. La désobéissance du fugueur Georges Hurlu à sa famille, et dans une moindre mesure à l’armée qu’il intègre, ses méthodes de délinquant (notamment lorsqu’il kidnappe la fille de son hôte allemand) en font un héros qui tout en luttant pour la France agit, et notamment tue, selon des principes qu’il ne tient que de lui-même.

47A cela s’ajoute une fascination esthétique pour la guerre et la violence qu’elle engendre. Jehan des Mauges commente « cette chose horrible et belle qui s’appelle la guerre » (1916, p. 162), et certaines expressions rappellent la célébration de la violence guerrière propre au récit épique. « Ce fut magnifique et rapide », est-il dit d'un assaut à la baïonnette auquel participent les jeunes protagonistes du roman de Jacquin et Fabre (1917, p. 184). « Les baïonnettes se heurtaient en des éclairs fugitifs, puis disparaissaient dans les profondeurs des poitrines haletantes », rapportent les mêmes auteurs dans un autre ouvrage (1918).

48Or il faut bien admettre que cette exaltation esthétique est indissociable d’une éthique qui n’est plus la morale positiviste et humaniste administrée par l’école de la IIIe République aux petits Français. Une autre sensibilité apparait, minoritaire dans notre corpus, et qu’on pourrait caractériser comme du néo-paganisme. Nous avons vu que le motif de l’enfant qui exécute un officier allemand exerçait une attraction considérable sur les auteurs pour la jeunesse. Selon nous, cette fascination n’est pas seulement celle de la revanche du faible sur le fort. Elle est également celle d’une « sur-violence » qui ignore les conventions internationales, une violence faite aux lois même de la guerre. Dans cette scène, un civil abat un militaire, un enfant abat un adulte. Les démarcations culturelles entre les âges comme entre les statuts se dérobent, pour la plus grande satisfaction des romanciers qui la mettent en scène. La violence ici décrite relève de cette guerre totale dont Clausewitz s’est fait le théoricien un siècle plus tôt, et que plus d’un auteur pour la jeunesse appelle secrètement de ses vœux dans le conflit en cours.

Conclusion

49La littérature pour la jeunesse poursuit d’abord des objectifs de divertissement. Mais les visées éducatives d’information et de formation des lecteurs sont présentes également, dans des proportions et sous des formes variables. Or le corpus que nous avons examiné introduit un troisième paramètre, lié aux circonstances historiques de sa production : celui du message propagandiste. Comme le note Laurence Olivier-Messonnier pour ce qui est des périodiques de l’époque, « il existe une réelle propagande culturelle française perçant en filigrane sous la littérature de jeunesse » (2012, p. 386). Concrètement, les lecteurs juvéniles vivent par procuration des aventures palpitantes, s’engagent par leur biais dans une démarche d’éducation, mais sont également mobilisés pour appréhender comme il se doit la guerre en cours et y participer dans la mesure de leurs moyens.

50Ces trois impératifs modèlent à des titres divers les personnages d’enfants qui peuplent la littérature pour la jeunesse française, de 1914 à 1918. Ces créatures de condition souvent modeste, vivant assez régulièrement une situation d’orphelinage, sont poussées par leur enthousiasme patriotique à affronter des dangers parfois mortels, mais aussi à donner la mort.

51En dernière instance se pose la question de l’articulation entre ce discours éducatif et ce message propagandiste qui conditionnent la configuration et l’action d’un tel personnel romanesque. Les relations d’opposition sont peut-être les plus flagrantes : entre les objectifs à long terme de l’un et la mobilisation dans l’urgence de l’autre, entre l’honnêteté intellectuelle de l’un et la démagogie souvent mensongère de l’autre.

52Force est de constater cependant que le message propagandiste se coule avec facilité dans ces récits destinés à la jeunesse, et qu’à certains points de vue, il est impossible de le distinguer du discours éducatif. Éducation et propagande ont en commun de vouloir transmettre des valeurs et de susciter des comportements spécifiques. A travers les personnages de notre corpus, l’une comme l’autre jouent sur la simplicité, les effets de mise en relief, l'absence de nuances, la répétition didactique. Historiquement, la propagande au sens moderne du terme n'est pas née dans des États totalitaires mais dans une démocratie, les États-Unis d’Amérique, au tournant des XIXe et XXe siècles. Le président Wilson notamment, pour retourner une opinion publique majoritairement hostile ou indifférente à une entrée en guerre sur la scène européenne, a mis en place la « Commission on Public Information » qui s’est révélée d’une grande efficacité. Education comme propagande, en ce début de XXe siècle et à travers les personnages juvéniles qui en sont les supports, relèvent d’un même état des rapports entre le sujet et la collectivité, dans lequel les techniques de coercition sont en voie d’être remplacées par les techniques de persuasion.

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Notes

1 Ainsi de Robinsons souterrains du capitaine Danrit (commandant Driant), publié en 1913, puis revu et réédité en 1915 sous le titre La Guerre souterraine.

2 Sur l’expérience de la guerre de 14-18 en France, telle qu’ont pu la vivre les enfants de l’époque et telle qu’on peut la reconstituer un siècle plus tard, on consultera l’ouvrage de Pignot M., Allons enfants de la patrie, Paris, Le Seuil, 2012.

3 Sur l’apparition et le développement médiatico-littéraire de ce personnage, on lira notre étude « Succès de circonstance d'un micro-récit d'enfance : "L'enfant au fusil de bois" (1914-1918) », Chemins de formation, n°17, 2013.

4 Une analyse plus détaillée de cet ouvrage singulier est proposée dans notre étude « Entre guerre et enfance : les personnages d'enfants médiateurs dans la littérature française pour la jeunesse de 1914 à 1918 », L'image de l'enfant dans les conflits, Paris, L'Harmattan, 2013.

5 Sur la légende des « mains coupées », on consultera Horne J. et Kramer A., 1914. Les Atrocités allemandes, Paris, 2011 (2001), p. 314-320.

Pour citer ce document

Daniel ARANDA, «Personnages d’enfants dans la littérature française pour la jeunesse entre 1914 et 1918», Publije, revue de critique litteraire [En ligne], Didactiques du français / Dir. D.Coltier & C.Féron, Numéros de la revue en texte intégral, mis à jour le : 25/03/2016, URL : http://publije.univ-lemans.fr/publije/index.php?id=101.